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10 mai 2004: 26 ans déjà que j'écris avec plus ou moins d'assiduité dans un "journal". Pour qui ? Pour quoi ?
Ne sommes nous pas tous faits de la même pâte ?
La page web consacrée à mon père m'a fait réaliser il y a peu que des sentiments, pour intimes qu'ils soient, n'en sont pas moins universels.
Aussi, à la faveur de la mode des 'blogs', et à l'orée de ma nouvelle vie de papa, ce "journal en ligne" va-t-il succéder au précédent.

Pour satisfaire aux règles du genre, j'ai adopté un ordre anachronologique, illustré mes propos de photos et de liens hypertextes lorsque cela était possible, et je me propose aussi de publier les commentaires qui voudront bien me parvenir sur  en précisant l'emplacement où ils devront apparaître.

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31 décembre 2010
A l'heure où toutes les chaînes de télévisions rivalisent de connerie pour proposer le meilleur bêtisier de l'année, voici en guise de digestif, un petit florilège des questions que tu nous as posées cette année...
- Comment les moustiques font des petits trous avec leur nez ?
- pourquoi Avatar dure 3 heures ?
- Pourquoi les poules elles ont des ailes et elles ne volent pas ?
- Comment les chiens ils arrivent à faire une petite cuiller avec leur langue ?
- Combien il pèse à la naissance le bébé baleine ?
- Tu sais compter jusqu'à combien, toi ?
- Pourquoi dans très beaucoup de films les garçons sont amoureux des filles ?
- Est-ce que les Chinois ils pètent aussi ?
- Comment on se fait des copains ?
- Est-ce que je suis amoureux de Lola ?
- D'où vient le vent ?

dromadaires
29 décembre 2010:
Depuis l'apparition de ce putain d'acouphène, c'est un peu comme si la balance des blancs de ma vie s'était bloquée sur "terne". En plus de deux mois de déprime, il a emporté avec lui une bonne partie de l'inspiration et de l'éloquence que j'avais à décrire notre quotidien.
Et pourtant, en dépit de ce handicap à la fois dérisoire mais si gênant, nous continuons de nous offrir parfois de superbes tranches de vie, à l'instar de ces quelques jours en famille dans le Sud Tunisien.
Désormais, tu ne te contentes plus seulement de partager nos escapades mais tu les agrémentes de ta vitalité, ton enthousiasme et ton humour à nuls autres pareils. Au demeurant, c'est encore toi mon chéri qui rétablit bien souvent aussi l'équilibre des couleurs de mon existence...
Au moment de remplir la valise en vue du retour, tu te renfrognes et déclares :
- J'ai pas envie que les vacances s'arrêtent !
- Mais, mon chéri, il faut retourner à l'école, il faut travailler...
- Et pourquoi il faut toujours travailler ?
- Si on ne travaillait pas on finirait par s'ennuyer, tu ne saurais pas lire et on n'aurait plus d'argent... Il faut de l'argent, tu sais, pour acheter des jouets, on ne peut pas toujours compter sur le père Noël.
- Tu as dû lire dans mes yeux que je ne crois pas un mot de ce que je raconte et tu reviens à la charge :
- Et si on avait de l'argent à l'infini et on ne s'ennuyait jamais...
Je renonce alors à te pipeauter plus longtemps : Tu sais, fils, je voudrais être en vacances toute la vie moi aussi, j'ai les boules de rentrer à la maison et de retourner bosser...
Ça y est, la boîte de Pandorre est ouverte... je redoute maintenant les questions qui vont suivre quand soudain, contre toute attente, ton visage s'illumine :
- Mais papa, on va être en janvier !
- Euh oui, dans deux jours...
- Alors c'est génial, on va manger des galettes des Rois !
Stupéfait, je te regarde partir en sautillant; sauvé par une galette, je remballe mes arguments qui, de toutes façons n'auraient pas tenu la route bien longtemps face à ta logique implaquable.

acouphènes
30 novembre 2010:
"Rien n'est jamais acquis à l'Homme" écrit le poète. J'en fait l'amère expérience depuis quelques mois...
Jamais une rentrée des classes ne fut aussi éprouvante. Quelques petits problèmes de santé, un improbable sifflement dans l'oreille, et du jour au lendemain, tout bascule : l'avenir qui semblait si beau s'obscurcit soudain; Les projets de tous poils apparaissent brutalement tellement dérisoires; l'amitié et même l'amour dans ces circonstances se révèlent bien impuissants face à cette déferlante. A vrai dire, seule ta présence, mon fils, me donne encore la force d'aller de l'avant en attendant des jours meilleurs. C'est le genre de plongée que je pensais avoir oublié depuis l'époque de mes derniers chagrins d'amour...


25 août 2010: Playmobils
Comme bon nombre de tes pairs, ta vision parcellaire du monde te porte volontiers vers le mysticisme et la pensée magique.
A ton âge, j'invoquais une puissance supérieure qui m'aiderait à ranger ma chambre ou porter mon cartable. De ton côté, inspiré par Toy Story et aiguillé par mes soins, tu prêtes depuis peu une vie secrète à tes jouets.
Afin d'en avoir le cœur net, tu décides de leur tendre un piège : On prend une photo de ta chambre avant de quitter la maison, que l'on confrontera avec la même photo prise à notre retour. La tentation est trop grande, je permute discrètement la position de deux Playmobils avant de quitter les lieux...
De retour à la maison, on visionne les deux clichés, et à mon grand étonnement, ta surprise se mêle d'un air de "je m'en doutais"... Depuis, tu rêves de tes jouets animés et considères toute ta ménagerie avec une circonspection nouvelle. Décidemment, le monde de l'enfance est une contrée bien étrange où nous autres n'avons qu'un accès très limité...


10 août 2010:
Que retiendras-tu de ton voyage en Malaisie ? La silhouette imposante des tours Petronas hautes comme deux fois la Tour Eiffel ? La démarche chaloupée d'énormes varans traversant la rue dans l'indifférence générale -des autochtones tout du moins ? Ce jeune macaque qui t'agresse sur la plage de Pangkor pour te voler ta brique de lait au chocolat ? A moins que tous ces souvenirs ne s'effacent devant le spectacle fantastique des fonds marins.
J'ai beau te dire que tu as une chance folle, qu'il n'y a pas beaucoup d'enfants de ton âge qui plongent dans des eaux aussi poissonneuses, tu manques naturellement de repères et ne t'étonnes pas outre mesure de croiser des bancs de quelques dizaines de barracudas, des poissons clowns jouant à cache-cache dans leurs anémones et des forêts de coraux flamboyants. Tu te réjouis bruyammant et pointes du doigt avec le même enthousiasme les raies craintives et les tortues dans leurs "vols aquatiques". Idem lorsqu'on croise un requin à la taille impressionnate tandis que maman et moi nous regardons perplexes... Tu sors alors la tête de l'eau et déclare contre toute attente "au fait papa, c'est où la Normandie ?".
Quelques semaines plus tard, tu t'extasies devant les paysages magnifiques du Causse Méjean, à une centaine de kilomètres, à peine, de la maison: "Ouah ! Il y a tellement de belles choses à voir sur la Terre...".
C'est vraiment fantastique que tu réalises ça si tôt...

Penguins
20 juillet 2010:
Sans vergogne, tu viens de me virer de l'ordinateur !
Il fallait bien que ça arrive, les conseils que je te donne à longueur de journée : "Ça suffit l'ordinateur, Arrête la télé, Les écrans ça te rend zinzin..." me retournent à la figure tel un boomerang.
C'est vrai que dans le domaine de l'informatique, je me retrouve un peu dans la situation, ô combien paradoxale, de ces parents drogués à la nicotine qui exhortent leur rejeton à ne pas fumer.
Jusqu'à présent, je m'en tirais habilement avec des injonctions du genre : "Aller, laisse-moi l'ordi, je dois travailler...", mais avec le temps, je sens bien que la menace perd de son effet. Tu as vite compris aussi, que Youtube, GoogleNews et mon Blog, c'est pas vraiment du boulot.
De plus, à ton corps défendant, il faut bien admettre que certains jeux en ligne auxquels tu t'adonnes, t'obligent à développer une véritable stratégie et une habileté certaine.
L'important, après tout, est de te (nous) faire bien comprendre que quelle que soit l'attirance exercée par cette petite boîte omnipotente, la vraie vie est ailleurs et que jamais une partie de "Mario Kart" ne doit remplacer une balade à vélo...

Patricia
23 juin 2010:
Pour ton dernier jour de maternelle, tu emportes avec toi un joli cœur avec le prénom de ta maîtresse, Patricia, écrit à l'intérieur.
Elle va adorer me confies-tu sur le chemin de l'école avant d'embrayer sans transition sur la vie des escargots du jardin.
- Tu sais fils, c'est aujourd'hui ton dernier jour dans cette école avec cette maîtresse et ces copains ?
- Oui, mais les escargots, comment on va faire si ils mangent toutes nos plantations ?
A l'évidence, tu ne partages pas mon émotion, et tous comptes faits, je préfère ta légèreté au poids de ma nostalgie maladive qui me fait, ce matin, tout regarder d'un oeil mélancolique: les enfants qui crient dans la cour, le couloir bariolé, le bruit de ta cuiller et du gobelet en plastique qui tintent dans ton cartable que j'accroche pour la dernière fois au petit porte-manteau surmonté de ton prénom. Et enfin, l'étreinte et le gros bisou avant de pénétrer dans la classe.
C'est plus fort que moi: j'ai beau me dire que l'avenir nous réserve de magnifiques surprises, les bons moments passés reviennent du fond de ma mémoire et me gâchent un peu la fête.
Heureusement que ta bonne humeur et ton sourire omniprésents me remettent vite sur le droit chemin en rappelant à moi le refrain prophétique d'une chanson d'Henri Tachan: "Hier et demain, je m'en fous, le présent seul vaut le coup".

Buzz
15 juin 2010:
Lors de ta séance d'initiation au monde de Toy Story, je me devais d'être à tes côtés pendant tout le film. Tu as apprécié, je l'espère, l'originalité du scénario au regard des scènes stéréotypées des Disney, et vibré comme il se doit à la naïveté touchante de Buzz et à l'amitié naissante entre nos deux héros.
Après le film, je te demande tout naturellement si tu penses que dans ta chambre, quand tu as le dos tourné, tes jouets font eux aussi la java.
- Mais non, j'ai déjà regardé en faisant semblant de dormir, et personne ne bougeait.
- Ah oui, mais si tu es dans la chambre, là ça ne compte pas, ils se méfient, comme dans le film...
- Mais papa, on peut pas y croire, c'est pas possible, on n'a jamais vu des jouets bouger tout seul.
- Ah bon, et tous ceux qui croient au Dieu, tu croient qu'ils l'ont déjà vu ?
- C'est pas pareil, papa...
- Mais si mon chéri, croire que les jouets sont animés, c'est ni plus ni moins sérieux que de croire au Dieu.
- Moi je veux faire comme toi, je veux pas croire au Dieu.
- Ça me fait plaisir quand tu veux faire comme moi, mon chéri, mais quand tu seras grand, tu croiras à ce que tu veux, aux jouets qui bougent, au Dieu ou au Père Noël.
- Mais il existe, lui, le Père Noël...
Nuri - Ah... Euh... Oui, bien sûr. Bon, tu verras, c'est quand même plus fun de croire aux jouets qui bougent...

Quelques jours plus tard, tu perds ton ours Nuri à l'aéroport de Marseille. Avec ta retenue habituelle, tu accuses péniblement le coup et t'endors bien difficilement ce soir là. Me voilà alors à t'expliquer que ce n'était qu'un jouet en peluche et qu'il ne faut pas trop s'attacher aux choses matérielles...
Après tant d'années passées dans l'infinie douceur de tes bras, le pauvre nounours a dû finir ses jours explosé par les services de sécurité. Triste réalité. J'espère simplement qu'il n'a pas trop souffert...

Décidement, il doit exister un Dieu pour les nounours : Après trois semaines passées à l'autre bout de la planète, tu retrouves ton ours qui t'a sagement attendu aux "objets trouvés". Ton émotion lors des retrouvailles est des plus touchantes...


28 avril 2010:
Profitant de la présence de notre amie Ursula, nous nous absentons parfois pour une petite soirée cinéma en amoureux. De retour du cinoche, celle ci nous relate la conversation qu'elle a eu, à table, avec toi:
- Ursula je veux pas que mon papa devient vieux !
A table - Ça je comprends mais tu sais il n'est pas si vieux que ça ton papa.
- Et si ! Si tu regardes bien derrière sa tête il a des cheveux blancs.
- Ça ne veut rien dire. Moi j'en connais avec les cheveux blancs même à 20 ans. En plus moi aussi j'en ai tu sais ! Et tous on vieillit petit à petit. C'est la vie.
- Ursula, je veux pas que mon papa meure.
- Et moi non plus. Je l'aime ton papa aussi.
- Mais tu sais s'il meurt j'irai tous les jours au cimetière lui porter une fleur.
- Ça c'est bien !
- Peut-être mon papa il ira pas au cimetière. Tu sais il y a des gens qui vont derrière une grille comme le papa de Léo.
- Ah c'est à cause du papa de Léo que tu as peur pour ton papa alors ?
- Non. Mais même s'il est derrière une grille je lui porterai une fleur.
- C'est bien mon chéri mais tu sais ton papa il est en bonne santé et il est encore jeune. Et moi alors ? Si je meurs tu m'en amènera une fleur ?
- Toi, oui. Mais peut-être pas tous les jours...
Je suis passablement ébranlé par tes déclarations qui touchent une corde très sensible. Quelques jours plus tard, toujours à table, tous les deux, tu reviens à la charge:
- T'as des rides au coin des yeux, papa.
- Euh... Ah bon...
- T'es vieux, tu vas mourir alors.
- Mais regarde comme on fait du vélo, de l'escalade, de la plongée ensemble. Tu crois vraiment que nous pourrions faire tout ça si j'étais vieux ?
- Oui mais après mamie, ce sera à ton tour de mourir.
Je "dégage en touche" comme je peux...
- Tu sais mon chéri, je t'avais dit que nous sommes tous faits de petites briques, un peu comme des Legos mais en beaucoup plus petit. Et bien quand on meurt, les petites briques ne disparaissent pas, elles ne meurent jamais !
- Alors on finit jamais !?
- Ben oui, c'est un peu ça. Et en plus il y a autre chose qui ne meure jamais, c'est l'amour !
- Ah ouf...
- D'ailleurs tu sais, pour que tu puisses garder toujours une trace de cet amour, j'écris un peu de notre histoire que tu liras quand tu seras grand.
- C'est vrai ! Mais qu'est-ce que tu écris là sur ton carnet ?
- Je prends des notes pour l'histoire...

finlande
10 mars 2010:
Non je n'ai rien cédé de mes rêves d'enfants... Je suis toujours autant attiré par la nature, la découverte de nouveaux horizons, l'"aventure" même si rien désormais ne peut s'envisager qui m'éloigne de toi trop longtemps.
Depuis ta naissance, d'ailleurs, je ne t'ai jamais quitté plus d'un week-end, et pourtant, voilà maintenant une semaine que je vous ai abandonnés, maman et toi, cédant à la tentation d'un raid à ski en Laponie.
Après une séparation déchirante que j'essaie de rendre la plus anodine possible, il faut bien reconnaître que je suis vite emporté par la frénésie des vols, des rencontres et des paysages de rêve qui nous attendent sous ces nouveaux cieux où, quelles que soient les circonstances, ta jolie frimousse n'est jamais bien loin...
Dans l'avion du retour, l'excitation de vous revoir dans quelques heures se mêle aux souvenirs sublimes de cette escapade Finlandaise, et avant que le quotidien ne reprenne ses droits, l'œil sur la carte, je reprends en solitaire le fil de ces journées fabuleuses...


28 février 2010:
Voilà quelques jours qu'un spot du Sussex Road Safety diffusé sur le net me bouleverse étrangement. Cette vidéo éveille en moi un écho qui, transcendant le message sécuritaire, va bien au delà de la beauté des images et du scénario - pourtant superbes.
Ainsi, le slogan "Embrace Life" confirme les sentiments que m'inspire ce film puisqu'à mieux y réfléchir, c'est bien maman et toi qui, à plus d'un titre, me rattachez à la vie et m'incitez à ne point trop prendre de risques sur mes falaises, mes tombants et autres escapades dans la nature.


27 février 2010:
Tu n'es pas du genre, mon fils, à pleurer à la moindre contrariété. Contrairement à bon nombre de tes pairs, il te faut bien plus d'une petite gamelle pour embrumer tes yeux et d'ailleurs, je n'ai plus le souvenir de ta dernière effusion de larmes. Toutefois, si tes larmes sont comptées, ta sensibilité, elle, ne cesse de me surprendre.
Ainsi, ce soir, tandis qu'on écoute les "Greatests Hits" de Queen sur l'autoradio, j'entreprends de te traduire "à la volée", les paroles de Bohemian Rhapsody:
Maman, je viens de tuer un Homme...
Maman, la vie vient juste de commencer pour moi et maintenant tout est foutu...
Tu es très attentif et dans le rétroviseur, je vois ton air devenir de plus en plus grave. Je continue.
Maman, je ne voulais pas te faire pleurer...
Maman... Je ne veux pas mourir...
Tu fais une drôle de tête. Une moue plisse maintenant ta jolie frimousse. Que faire? J'enchaîne...
Parfois j'aimerais ne pas être... Tu me coupes soudain tout affolé et me lance: "Ooh... Arrête de traduire papa! Je vais pleurer..."
Je m'exécute évidemment, tout confus de t'avoir infligé cette épreuve, même si, à mes yeux, cette marque d'une grande sensibilité t'honore. On finit notre voyage sans dire un mot. Tu sembles bien apprécier le solo de guitare. Décidément, tu n'en finiras pas de m'étonner...


23 février 2010:
Chaque jour apporte son lot de nouvelles questions et les vacances au ski ne dérogent pas à cette règle.
- Comment la neige elle tombe du ciel ?
- Comment les montagnes sont apparues ?
Questions auxquelles il devient parfois délicat de répondre si on ne veut pas t'asséner de contre-vérités.
Et puis parfois aussi vient une question plus embarrassante que les autres qui m'oblige à différer ma réponse :
- Dis papa, c'est quoi le plus important à faire dans la vie ?
 ...


18 février 2010:
quad Journée délicieuse en ta compagnie à parcourir le bord de mer tout les deux à bicyclette. Tu apprends dans la foulée à démarrer tout seul en appuyant résolument du pied droit sur la pédale tout en poussant du gauche.
Sans trop comprendre les enjeux, tu me demandes - pour l'avoir souvent entendu dans ma bouche - quand est-ce qu'on va partir faire le tour du monde à vélo... J'exulte... Tu découvres aussi le plaisir de rouler dans les flaques d'eau, ce qui ajoute encore un atout à l'engin.
A 13 heures, on s'arrête sur la plage pour engloutir nos parts de pizza avant de filer à Luna-Park où tu enchaînes les tours de voiture électrique avec une excitation qui fait plaisir à voir. De retour à la maison, après cette journée bien chargée tu t'écroules au lit à 16 heures.
"Venise n'est pas en Italie" chantait Reggiani... A n'en pas douter, mon tour du monde dont je rêve depuis l'âge de 13 ans, il a déjà commencé... et c'est que du bonheur...

lecture
7 février 2010:
Un moyen dérisoire de saisir le temps qui passe...
Un témoin de ton quotidien...
Un exutoire à mon amour...
Ces pages de blog sont un peu tout à la fois et parfois presque rien me semble-t-il, mais à ce dernier titre, comment ne pas s'attarder sur la petite révolution que tu vis depuis peu ?
Plus fort que tes progrès fulgurants en natation, plus marquant que l'avènement de ton évolution sur deux roues, l'apprentissage de la lecture, c'est sûr, va changer ta vie en profondeur. Au delà des boîtes de céréales et des pots de confiture dont tu déchiffres désormais les inscriptions en t'étonnant que les mots prennent alors du sens, ce précieux Sésame qu'est la lecture t'ouvrira bientôt des portes insoupçonnées...
Déjà, chaque matin, plutôt que de nous réveiller avec toi à 6h30, tu allumes discrètement ta lampe de chevet et parcoures seul les pages de tes livres et BD.
A toi bientôt les Tintins, Astérix, Rahans et autres héros intemporels...
Et puis, bien des années plus tard, au hasard de tes pérégrinations sur la Toile, tu découvriras peut-être avec gêne et émotion mêlées, toutes ces lignes écrites alors par ton dévoué papa...


15 janvier 2010:
Qui a dit que le vélo ça ne s'oublie jamais ? velo :-(
Après quelques mois de trêve hivernale, on ressort enfin la bicyclette du garage, mais au moment d'enfourcher l'engin, voilà que tu hésites puis renonces... Quelques jours et de longues discussions plus tard, tu acceptes à contre-cœur d'effectuer une nouvelle tentative, pour peu que je ne te lâche sous aucun prétexte. C'est parti !..
Au bout de quinze mètres de zigzags hésitants, tu freines résolument et descends paniqué de ta monture.
Je n'insiste plus même si ma déception doit bien se lire sur mon visage : nous voilà revenus un an en arrière. Tout est à refaire...
Tu as oublié semble-t-il l'insouciance de tes premières années et avec la maturité, tu réalises maintenant mieux qu'alors les dégâts que peuvent occasionner la vitesse ou la hauteur...
Après l'esprit visionnaire de Démocrite, l'obscurantisme Aristotélicien n'a-t-il pas prévalu pendant près de deux millénaires ?
Ainsi donc, à l'instar de l'histoire des Hommes, la tienne n'est malheureusement pas une suite ininterrompue de progrès même si dans ces pages, aveuglé que je suis par mon amour de père, je ne mets en exergue que tes plus belles avancées.
Mais ne nous laissons pas emporter par notre déception ; la route est encore longue. Ténacité, courage et intelligence feront des miracles, à n'en pas douter.

3 février, Tous comptes faits, il aura fallut la concurrence de ta copine Lola plutôt que les gros yeux de papa pour réveiller aussitôt ton instinct d'homo bicycletus. Que la bougresse te dépasse sur son joli vélo de princesse, et sans bien réaliser ce que tu fais, tu pars instantanément à sa poursuite !
Une fois de plus, voilà ma pédagogie mise en échec et c'est bien confus que je regrette déjà mon emportement de naguère.
Mais que veux tu, fils, le vélo ça représente tant pour moi; mon enfance, mon idéal d'efficacité, mes rêves, que j'ai bien dû projeter un peu sur toi mes propres fantasmes... Par chance cet épisode peu glorieux pour moi ne semble pas t'avoir trop marqué et c'est avec délectation que je t'écoute désormais appeler de tes vœux de nouvelles balades à bicyclette...

Rahan
5 janvier 2010:
S'il est un personnage emblématique de mon enfance, c'est bien Rahan alias "le fils des âges farouches" avec qui je vivais par procuration mes premières aventures dans la jungle des cités HLM du 95.
Rahan Aussi, de passage au rayon BD de la médiathèque, c'est de manière tout à fait calculée que je dirige discrètement tes pas vers le bac des "R". Par chance, les couvertures sont suffisamment accrocheuses et travaillent pour moi: un combat singulier avec un tigre à dents-de-sabre, un tyrannosaure à la course avec le fils de Crao, il n'en faut pas moins pour orienter définitivement ton choix et on repart bientôt les bras chargés de trois tomes des "aventures de Rahan" pour mon plus grand plaisir...
Depuis, tandis que tu découvres avec délectation le coutelas d'ivoire, le collier de griffes et l'humanisme fantastique de "cheveux de feu", moi je retrouve avec joie le fidèle compagnon que j'avais laissé trente ans plus tôt à l'ombre d'une grotte préhistorique.
De plus, incidemment au fil de nos lectures, Rahan en lutte perpétuelle contre l'obscurantisme des sorciers de tous poils, me donne une occasion inespérée d'étayer mon discours anti-religion. Après quelques récits, voilà que tu sors:
Si personne ne croyait aux dieux, on serait mieux tranquilles !
Bien vu fils, Crao-le-brave peut dormir en paix...
Pour autant, le bougre aux cheveux de feu me joue aussi de sacrés tours, comme dans cette histoire que je ne connaissais pas, relatant l'enfance de notre héros, où je craque à l'évocation de la mort du père, le jeune Rahan se retrouvant alors seul livré à la violence du monde et à la fourberie des hommes... Par chance, tu t'imagines que mes hoquets relatent l'agonie de Crao, et tout absorbé par la force des dessins, ne t'attardes pas davantage sur ma lecture défaillante...
Et comment ne pas évoquer non plus "La mort de Rahan" dans ce récit du même nom. Comment pourrait-on continuer à raconter des histoires de Rahan si il meurt ?
Tu sais papa, quand on est mort c'est pour toute la vie ! Rahan

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