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my baby blog 1.0
Harry Potter

10 mai 2004: 26 ans déjà que j'écris avec plus ou moins d'assiduité dans un "journal". Pour qui ? Pour quoi ?
Ne sommes nous pas tous faits de la même pâte ?
La page web consacrée à mon père m'a fait réaliser il y a peu que des sentiments, pour intimes qu'ils soient, n'en sont pas moins universels.
Aussi, à la faveur de la mode des 'blogs', et à l'orée de ma nouvelle vie de papa, ce "journal en ligne" va-t-il succéder au précédent.

Pour satisfaire aux règles du genre, j'ai adopté un ordre anachronologique, illustré mes propos de photos et de liens hypertextes lorsque cela était possible, et je me propose aussi de publier les commentaires qui voudront bien me parvenir sur  en précisant l'emplacement où ils devront apparaître.

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29 décembre 2013
kite À relire mes interventions passées sur ce blog, je me rends compte à quel point elles étaient plus marquantes que mes bafouilles actuelles.
Nos vies seraient-elles devenues inconsistantes au point de ne plus en extraire que des remarques convenues ? Je n'en ai pourtant pas l'impression.
Car ton esprit s'affûte jour après jour, de même que tes compétences à mesure que s'étoffe ton éducation. À la faveur aussi de ces évolutions, on a désormais une complicité nouvelle; autant en mer, toi en Optimist et moi en Catamaran, qu'en rando à pied ou à vélo, ou encore devant un échiquier ou un ordinateur.
Il n'est qu'un domaine, à vrai dire, où la complicité est réduite à néant et moi au statut de spectateur béat, c'est la musique, bien fait pour moi !
Dans le même ordre d'idée, force est de constater que l'on prend bien moins de photos qu'à la grande époque de tes premières années...
Alors pourquoi cette désaffection ?
La pudeur, encore elle ? Il y a probablement un peu de ça mais pas seulement. Ton esprit, précisément, devient maintenant bien plus difficile à cerner que lorsque tu ne t'exprimais que par babiements. C'est peut-être un peu pour ça que mes remarques sont moins centrées sur toi désormais que sur moi, sur nous et notre environnement.
Et encore n'as-tu pas encore pris pied dans la puberté et ses affres qui auront tôt fait de me réduire au silence.
Alors pour combien d'années encore pourrais-je te serrer contre moi devant les copains, te traîner à la plage pour manger une glace, évoquer notre amour sur un blog sans que tu n'aies honte de nous ? Je l'ignore...
Mon temps est compté, sans doute, autant que celui de ton nounours qui, le soir venu, ne quitte jamais ton lit et tes bras mais lui comme moi sommes bien déterminés à profiter de toi et de ton amour tant que tu voudras bien nous l'offrir. Et à nous effacer ensuite pour laisser passer l'orage de l'adolescence...

JD_Bauby
5 décembre 2013
Mes acouphènes qui ne me lâchent pas depuis bientôt quatre ans, mes genoux qui grincent, le dos qui bloque, la douleur qui monte, la vue qui baisse.
Un peu comme sur une bagnole passés les 100 000 km, il est rare que rien ne déconne au contrôle technique, ce qui a le don de me foutre un cafard pas possible...
Ces dysfonctionnements qui, pour certains semblent s'installer pour de bon, me donnent un avant-goût de ce que pourraient être les décennies à venir.
Comment ne pas penser à mon père, brisé par une vie de labeur, égrenant ses soucis de santé avant de déclarer, résigné, qu'il avait déjà un pied dans la tombe ?..
Pourtant, quand je te vois débordant d'enthousiasme et de vie, je ne veux pour rien au monde que tu aies de moi l'image d'un papa usé avant l'heure.
Tu n'as donc pas fini, fils, de débusquer des caches, supporter mes parties de diabolo, souffler lors de nos randos à vélo ou à pied...
Et puis il y a Jean-Dominique Bauby que je découvre à travers le roman qu'il écrit en clignant de l'œil gauche, totalement paralysé par un "locked-in syndrome". Son désespoir et sa force morale qui forcent le respect lorsqu'il déclare du fond sa détresse abyssale :
"J'ai décidé d'arrêter de me plaindre...".


25 octobre 2013: Nouvelles
J'attends ta sortie de l'école en décrochant ton vélo quand tu déboules, guilleret comme un soir de vacances en m'annonçant: "Papa, j'ai deux nouvelles, une bonne et une mauvaise, je commence par laquelle ?".
- Va pour la bonne...
- On a fait un super goûter pendant le cours de solfège, y'avait des bonbons et du chocolat, il est trop sympa le prof !
- Chouette, et la mauvaise ?
- La maman de Gabriel est venue le chercher pendant le cours de chant, elle pleurait beaucoup et Gabriel aussi a beaucoup pleuré quand elle lui a tout raconté. C'est son père qui est mort cet aprem dans un crash avec sa moto...
Je reste sans voix tandis que tu enchaînes les nouvelles de la journée dans un flux continu dont la hiérarchie me laisse perplexe.
Comme tu me vois absent et toujours pétrifié par la nouvelle, tu me réveilles d'un "C'est très triste pour Gaby, hein ? En plus comme il est adopté et que son vrai papa est déjà mort, il est deux fois orphelin maintenant !".
Je m'accroupis, saisis résolument tes petites mains et attrape ton regard pour ne plus le lâcher : "Daniel mon chéri, tu vas me promettre une chose aujourd'hui, promets-moi que tu ne feras jamais de moto, jamais !
- Oui, je sais papa, on en a déjà parlé, et je ne fumerai pas et je ne jouerai pas au football.
- Va pour le football, mais pour la moto et la cigarette, c'est vraiment important !
Quelques parents, retournés comme moi par la nouvelle, s'interpellent du regard affolés avant de repartir prudemment vers leurs foyers tâcher de se persuader que le malheur ça n'arrive qu'aux autres...

Rentrée
10 septembre 2013
Ça devient presque une habitude : chaque rentrée scolaire depuis près de quarante ans se conjugue avec un petit coup de blues plus ou moins prononcé, selon les années.
2013 ne déroge pas à la règle avec en prime un emploi du temps pourri, des douleurs persistantes au genou et mon anniversaire qui tombe toujours comme une fleur fanée sur un tas de purin.
Est-ce que, depuis le temps, tu as si bien intégré mon comportement ou bien est-ce que je déteins à ce point sur toi ? je l'ignore, mais il n'en reste pas moins que ce matin, tandis que je cuve peinard ma petite déprime post-rentrée, je t'entends fredonner en te lavant les dents, le refrain de Renaud : "J'ai la vie qui m'pique les yeux" !
Me revient alors à la face toutes ces années d'angoisses adolescentes, la solitude, le manque d'espace, quand je portais ce refrain comme un étendard.
Années de blues chronique à attendre toujours des jours meilleurs, le beau temps, les vacances, la nature et l'amour.
Quand je repense à tout ce temps gâché, que je te vois aujourd'hui et maintenant gazouiller en sortant de la salle de bain, maman souriante à tes côtés, je me dis que l'ado que je fus aurait été plus qu'impressionné par cette évolution...

Refuge
26 août 2013
Montée en refuge dans une nature luxuriante.
Arrivée dans la lumière du soir. Repas pantagruélique et soirée sympathique avec la gardienne.
Trois personnes seulement dans le refuge : on se retrouve tous les deux dans un dortoir de quinze à discuter "d'homme à homme" sur le ciel nocturne et la nature qui nous invitent si joliment...
Le lendemain matin, on redescend de bonne heure non sans s'être promis de revenir l'an prochain pour ta première course en montagne. Presque par hasard, sur le chemin du retour, on perd le tracé rouge. Je lis alors dans tes yeux l'inquiétude des grands jours, heureusement surmontée peu après à ta grande satisfaction...
Et dire que c'est la rentrée dans quelques jours...

Harry Potter
6 juin 2013
2012 fut manifestement pour toi l'année Harry Potter.
C'est avec cette saga que tu passes résolument des livres pour enfants aux livres des grands. Ainsi emporté par les sorts et les enchantements, tu avales ces quelques milliers de pages et sept volumes en moins de dix mois. Maman et toi m'en parlez d'ailleurs avec tant d'enthousiasme qu'après des années de résistance, je me décide enfin à enfourcher mon balai pour Hogwarts.
Et c'est ainsi qu'au fil de mes lectures, tu me corriges fréquemment lorsque j'oublie les formules magiques, tu me reprends lorsque je confonds le prof d'Herbolgie et celui de lutte contre les forces du mal. Enfin, grâce à toi je découvre un monde où tu te trouves bien plus à l'aise que moi, pétri de rigueur et de rationalité...
À la fin de chaque tome, nous reprenons ensemble le film correspondant. Tu mesures à ces occasions toute la richesse du livre comparée à la pâle représentation cinématographique.
Ainsi, dans un monde où les films et vidéos en tous genres semblent prendre le pas sur l'écrit, il me semble d'ailleurs plutôt rassurant que tu réalises si tôt toute la supériorité du texte sur l'image. Merci Ron, Merci Harry !

GPS
24 avril 2013
On fête aujourd'hui notre centième Geocache !
Six mois que, du centre ville de Montpellier au Sénégal, du canal du midi à l'Ardèche, chacun de nos déplacement est prétexte à débusquer de menus trésors. Une demi-année à saisir les coordonnées dans le GPS, étudier les hints, identifier les spoilers, plancher sur les cartes, puis voir ton visage s'illuminer soudain lorsqu'à l'issue de nos recherches, tu finis par trouver une pauvre boîte de pellicule contenant pour tout trésor, un rouleau de papier en guise de logbook, une bille et un personnage tiré d'un Happy Meal McDo.
Geocache Ces trésors sont bien souvent une parfaite excuse pour te faire accepter de bonne grâce une balade quand tu préférerais rester à la maison devant la télé. Rien d'autre qu'une cache ne peut te faire grimper, t'écorcher dans les épineux, te frotter aux buissons pour aboutir en haut d'un éperon rocheux sous une roche percée...
Aujourd'hui c'est la quête d'une nouvelle cache pour toi, qui cédera un jour peut-être la place à la recherche gratuite du beau ou au plaisir de l'effort désintéressé. Mais point de désintéressement pour moi car ma vraie récompense, c'est alors de te voir, radieux, débusquer la boîte tant convoitée et de croquer ensemble de si délicieuses tranches de vie.
Comme je redoute le jour où tu négligeras même ces Geocaches pour partir zoner avec tes copains, où ton ours Nouri rejoindra le bac des jouets tombés en désuétude, avec les animaux de la ferme et les petites voitures, où tu ne chercheras plus, éperdu, ma casquette au sortir de l'école...
Afin d'anticiper symboliquement cette épreuve, j'ai décidé de laisser vivre sa vie au petit escargot que tu m'avais fabriqué pour la fête des pères et que je conservais religieusement depuis tant d'années. Il voyage désormais de cache en cache et vit sa vie autour du monde comme tu la vivras un jour aussi...
Mais fort heureusement, pour l'heure, chaque cache avec toi est encore un instant de bonheur capitalisé sur le compte de notre vie ensemble... Hey ! Une nouvelle cache a été ouverte à Maguelone, fils !
Va vite chercher la boîte avec le GPS, les objets à échanger, le stylo et la lampe de poche, je charge la page dans la tablette et on fonce...
Profile for CachMan4u


22 avril 2013
Ursula
De retour d'une virée à vélo le long du "canal des deux mers", suite à une mauvaise manip, j'efface malencontreusement tous nos souvenirs numériques...
Très attaché que je suis aux traces des bons moments passés, je n'ose croire à une pareille maladresse; et pourtant, le même message laconique s'affiche sur l'écran de l'appareil photo comme sur l'ordinateur : 'No images'...
Je t'interpelle aussitôt :
- Daniel, j'ai fait une connerie ! J'ai perdu toutes nos photos, celle du bateau, des copains, Ursula avec ton slip sur la tête et aussi le film où tu fais un bisou à maman !..
Mais loin de partager mon émotion, tu soulèves à peine la tête pour lâcher un "Ah bon..." avant de te replonger dans la lecture de ton Harry Potter.
Il faut bien l'admettre, la perte de tous nos souvenirs de vacances n'est pour toi qu'un incident de parcours insignifiant.
Comme nous, tu t'es pourtant éclaté au camping, à vélo ou à débusquer toutes les geocaches du coin mais tu ne sembles pas éprouver le besoin de sauvegarder tous ces bons moments. Les vivre te suffit et ton sang-froid me laisse rêveur tant il est vrai qu'elle est pitoyable notre frénésie à enregistrer, capturer, partager l'instant en toutes circonstances. Plutôt que de vivre intensément le moment qui s'offre, le présent se résume bien souvent à une suite de manips visant à pouvoir revivre l'événement.
Mais à force de caméras, de smartphones, de 4G, l'enregistrement du présent prend le pas sur l'essentiel : l'instant lui-même ! Et tout ça pour quoi ?
(Mal)heureusement, encore plongé dans mes réflexions, j'ai tôt fait de googler "photograph recovery" pour tomber sur foremost, un outil redoutable permettant de récupérer tout fichier effacé pour peu qu'il n'ait pas encore été recouvert par d'autres données.
Ainsi donc, avant même la fin de ton chapitre, les photos tant convoitées sont récupérées et sauvegardées en double exemplaire...
On va enfin pouvoir partager le bonheur gâché ;-)


12 janvier 2013
Ta maîtresse vous demandait récemment de raconter la plus grande injustice dont vous ayez été témoin ou victime.
Sans hésiter, tu relates aussitôt cette triste journée où tu finis si consciencieusement ton plat d'endives que "la dame de la cantine", voyant ton assiette propre, t'en ressert un autre illico, pensant qu'il s'agissait du premier ! Tes protestations n'y font rien et tu avales résigné ces légumes insipides en même temps qu'une pilule des plus amères...
Comment peut-elle se douter que ton cœur est si pur et que tu ne sais pas encore mentir...

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