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my baby blog 1.0
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10 mai 2004: 26 ans déjà que j'écris avec plus ou moins d'assiduité dans un "journal". Pour qui ? Pour quoi ?
Ne sommes nous pas tous faits de la même pâte ?
La page web consacrée à mon père m'a fait réaliser il y a peu que des sentiments, pour intimes qu'ils soient, n'en sont pas moins universels.
Aussi, à la faveur de la mode des 'blogs', et à l'orée de ma nouvelle vie de papa, ce "journal en ligne" va-t-il succéder au précédent.

Pour satisfaire aux règles du genre, j'ai adopté un ordre anachronologique, illustré mes propos de photos et de liens hypertextes lorsque cela était possible, et je me propose aussi de publier les commentaires qui voudront bien me parvenir sur  en précisant l'emplacement où ils devront apparaître.

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31 décembre
31 décembre 2015
Les médias de tout poil ont beau nous seriner qu'on est plus forts que les terroristes, et les manifestants brandir de jolies affiches "même pas peur", moi j'ai les foies.
Je flippe de voir la connerie monter en puissance un peu partout au point semble-t-il de remettre en cause notre façon de vivre ensemble, et avec pour cauchemar ultime la folie meurtrière qui pourrait s'abattre sur notre petit bonheur.
Mais que faire ?
Répandre l'amour et la gentillesse autour de nous me semble, pourquoi pas ?, une alternative plausible à la peur et la barbarie.
Alors plutôt que d'ouvrir et fermer 2015 avec cette même funeste évocation, laissons-nous tenter par cette nuit de la St-Sylvestre en camping sauvage avec des amis, loin de ma famille mais si près de la nature apaisante et tranquille...


18 novembre 2015
13 novembre


30 octobre 2015
L'écran de veille qui fait défiler des images prises au hasard dans nos dossiers photos persos remporte toujours un franc succès.
Ainsi, il n'est pas rare qu'on se retrouve assis devant l'ordinateur comme au cinéma à décliner toutes les émotions liées au temps qui passe :
Hentai
- Mon Dieu comme tu étais petit !
- Et là, regarde ! J'avais pas encore de cheveux blancs !
- Qu'est-ce que tu étais mignon...
Cette fois, quand la fonction random nous renvoie une photo de moi lisant un manga Hentaï à l'iconographie suggestive, tu t'exclames aussitôt :
- Oh, Alors toi aussi tu fais ces trucs là !
"Ces trucs là..." Mince, mais qu'est-ce qu'il s'imagine ?
Comme pris la main dans le sac, je me défends maladroitement : Mais non mon chéri, c'était lors de notre voyage au Japon avec maman, j'avais pris la pose pour la photo, c'est pas ce que tu crois...
Pourtant, sur le thème, je ne crois rien ou plutôt je ne sais rien, je n'ai que des doutes et des craintes, entretenues il est vrai par ces statistiques indiquant que 11 ans est l'âge moyen de la première exposition au porno - comme en témoigne cette émission écoutée dernièrement.
Il faut dire aussi qu'Internet a là encore changé radicalement la donne en faisant sauter toutes les limites.
Craintes que la découverte prématurée de la pornographie ne te traumatise durablement en te présentant de l'amour physique et du sexe une vision totalement fausse et déshumanisée.
Aussi, comme sur les autres thèmes sensibles -comme la Shoah- où mon parcours initiatique fut ô combien erratique et douloureux, je préfère cèder la main à maman qui, mieux que moi, sait trouver les mots justes...
Par ailleurs, plutôt que de filtrer notre connexion Internet, il me semble plus fructueux de te présenter une vie de couple équilibrée, un amour serain, tant il est vrai que nous reproduisons tous plus ou moins consciemment le modèle parental qui a modelé nos existences.


10 septembre 2015
C'est vrai qu'on se préparait psychologiquement à l'entrée en sixième depuis déjà pas mal de temps, mais je ne pensais pas que les bouleversements allaient être si rapides et si nombreux.
Finies les soirées à buller devant un DVD après avoir consacré 10 minutes aux devoirs. Désormais, le rapport de force loisirs/boulot est plutôt inversé...
Rentrée Envolés aussi les matins paresseux passés à écouter la radio jusqu'à 8 heures, bien au chaud sous la couette. Huit heures, c'est maintenant l'heure à laquelle tu commences les cours, induisant un réveil aux aurores à 6h45 -finie la "matinale" de France Inter.
Devant le collège enfin, l'étreinte et le bisou qui faisaient partie du rituel sont bien sûr relégués au rayon des bons souvenirs.
Loin des copains, nous échangeons tout au plus un discret "gimme five" avant que je ne reparte à la maison finir mon petit-dej.
Et encore m'autorises-tu à t'accompagner à vélo...
Moi qui regrette toujours le temps où, juché sur mon porte-bagages, tu gazouillais dans mon dos ou râlais à chacun de mes pets, voilà même que la période où tu me suivais sur ton vélo semble s'éloigner à grands tours de roue...
Désormais, contraints par nos emplois du temps respectifs, tu t'aventures déjà à faire des aller-retours au collège tout seul sur ton vélo.
Certes, pour l'occasion, nous t'avons équipé d'un joli porte-bagages, d'un écarteur de danger et d'un smartphone flambant neuf, mais c'est toujours avec une grande inquiétude que nous nous résignons à cette déchirure qui s'ajoute à toutes les autres, te menant vers le délicat chemin de l'autonomie.
Mais fort heureusement, imperturbable à tous ces bouleversements, et pour notre plus grand bonheur, tu as su conserver ta joie de vivre, ton humour à nul autre pareil et tes jambes duveteuses.
Pour le moment...

UM
9 juillet 2015
Si tu as l'habitude de prendre l'avion depuis ton plus jeune âge, c'est aujourd'hui la première fois que tu voyages seul pour rejoindre tes grand-parents en Turquie.
À l'aéroport de Marseille, on fait toutes les démarches prévol avec toi -Check-in et achat de Picsou-Magazine- puis un steward vient te chercher pour l'embarquement.
Comme d'hab, tu ne montres pas trop tes sentiments, et moi non plus d'ailleurs. Sinon, je t'arracherai illico des mains de ce psychopathe pour rentrer à la maison dans l'heure.
Mais non, je te regarde partir avec cet inconnu sans même nous adresser un dernier regard, tout excité que tu es déjà de griller la file d'attente pour le contrôle des bagages.
Maman et moi, dépités, secouons mécaniquement la main dans le vide.
Il est parti.
Pense-t-elle comme moi au passager pédophile qui sera assis juste à côté de toi ?
Au copilote suicidaire qui, profitant d'une pose du pilote, s'enferme seul dans le cockpit pour crasher l'avion ?
À l'orage incroyable qui précipite l'appareil dans la méditerranée et, pensée insupportable entre toutes, à toi mon fils qui pleure seul loin de nous ?
ZigZag Pour ne pas épargner nos nerfs, ton nom est appelé dans tout l'aéroport pour un embarquement immédiat, puis ton avion prend une heure et demie de retard -sans doute le copilote qui prépare son coup...
Pour une fois, je suis avec assiduité, et sans râler, les alertes qui tombent à flux tendu sur le smartphone de maman jusqu'à la délivrance finale : "Il est bien arrivé à Istanbul. Papy l'a récupéré".
Dans la foulée, maman et moi partons tromper ton absence dans les Alpes où nous passons une semaine fantastique à naviguer en canoë/camping sur les lacs du Bourget et d'Annecy et à faire de l'escalade en grande voie.
À plusieurs reprises, on se surprend à ne plus trop penser à toi en Turquie. Il faut dire aussi que tu es dans de très bonnes mains alors pourquoi, en effet, ne pas profiter chacun de la vie ?

Ecole
3 juillet 2015
C'était hier ton dernier jour d'école.
Dernier jour pour cause de grandes vacances, certes, mais aussi d'entrée incessante au collège...
Quelques uns de tes copains ne cachent pas leur émotion en étreignant la maîtresse les larmes aux yeux quand d'autres, comme toi, semblent se comporter comme à l'ordinaire.
Réalises-tu bien qu'aujourd'hui, dans la cour de récréation, en plus de la fin de l'étude, la cloche sonne aussi le glas d'une certaine enfance faite de "loups glacés", de "filles attrapent garçons" et autres délicieux enfantillages qui resteront à la porte de ton nouveau collège ?
Sur le chemin du retour, tandis qu'en silence je fais l'inventaire de tous les "derniers", tu me confies tout de même que dans ta tête il y a une boule jaune et une boule bleue, référence au film "Inside Out" où la joie en jaune le dispute sans cesse à la tristesse en bleu.

Smartphone
30 juin 2015
Depuis quelques temps, tu sembles préoccupé par des questions improbables :
Ton mètre trente huit est-il vraiment dans la moyenne de taille des enfants de dix ans ?
Et 33 ? Est-ce bien normal d'avoir des pieds aussi petits à ton âge ?
Enfin, depuis quelques jours, tandis que tu n'as pas même de téléphone portable, tu tentes le coup pour voir si tu pourrais récupérer un smartphone !
Tu connais pourtant mes arguments par cœur :
Quoi ? Tu veux ressembler à tous ces zombies qu'on croise dans les rues ?
Et en plus tu devras le charger tous les jours tandis que le bon vieux Nokia qui attend son heure dans le tiroir de maman tient facile la semaine...
Qu'est-ce qu'il y a ? On se fout de ta gueule à l'école à cause de tout ça, c'est ça, hein ?
Je n'ai pas besoin de réponse, il n'est qu'à regarder tes yeux qui s'embrument instantanément pour comprendre que j'ai malheureusement tapé dans le mille...
Comment t'expliquer mon chéri que la solution n'est pas de céder au chantage ridicule de ces sombres crétins, d'avoir un smartphone, de porter telle ou telle marque, de fumer ou de danser quand leur triste tiranie l'exige ? Que de toutes façons, aux yeux de ces connards joueurs de foot, ton principal défaut est d'être brillant, sensible, heureux de vivre...
Mes arguments font mouche, tu ne reviens plus momentanément sur ces considérations métriques, mais il n'en va pas de même concernant ce putain de smartphone :
il ne se passe pas une journée sans que tu ne me sortes de nouveaux arguments, les uns plus fallacieux que les autres. Manifestement, l'idée même de posséder un smartphone fait déjà des ravages, ce qui en dit long sur les nuisances à venir.
Aussi, te voyant perdre toute mesure à ce sujet, je ne cède pas, ce qui constitue une première.
Ma réponse est laconique : Tu n’auras pas de téléphone tant que tu n'iras pas seul à l'école.
L'esclavage attendra...


20 avril 2015
WiiU La dernière fois que j'ai eu peur de la sorte pour toi, tu n'étais pas même né, c'était pour l'amniocentèse de ta mère.
Cette fois-ci, tu vas subir une opération chirurgicale certes bénigne, mais la perspective de l'anesthésie générale et son cortège de sondes, d'aiguilles et d'écrans me fait frémir.
J'essaie cependant de paraître confiant et enjoué comme d'habitude, tant il est vrai que tu calques souvent ton comportement et tes sentiments sur les miens.
C'est très con, je sais, mais au moment où tu disparais sur ton brancard avec ta petite charlotte sur la tête, je sens monter une furieuse envie de pleurer...
À la maison, en guise d'antalgique, une console de jeux flambant-neuve t'attend avec sa batterie de CDs.

Jeux
16 avril 2015
Je te regarde courir en tous sens à l'aire de jeux.
Avec ton copain, avez-vous seulement remarqué que vous dépassez déjà tous ces marmots dune bonne tête ?
À en juger par le naturel avec lequel vous passez de l'éléphant à la balançoire et de la girafe au tourniquet, sans doute pas.
Profitez-en mes chéris, profitez-en tant qu'il en est encore temps.
Car malheureusement, l'entrée toute proche au collège aura tôt fait de vous rappeler à l'ordre avant que les hormones, elles-mêmes, ne vous interdisent à jamais l'accès au jardin d'enfants...
Perdu dans mes pensées, je constate dépité que pour moi aussi, la roue a tourné : Je suis désormais plus proche de faire la causette aux mamies-gateaux sur le banc plutôt que de draguer les jolies maman...
Allons-bon, la vie vous réserve encore tant de belles surprises, qu'importe le toboggan et la balançoire.
Et quant à moi, n'ai-je pas la plus jolie des mamans à embrasser chaque jour ?

Roche décollée
4 avril 2015
Plusieurs années que j'ai ce projet en tête, des semaines que je prépare minutieusement le matériel -la tente, les vivres pour trois jours, l'appareil photo et tout le matos spécifique lié à l'escalade solo-, des jours que je flippe en silence pour ne pas affoler ma petite famille et voilà, j'y suis arrivé, tout seul, au sommet de la Roche Décollée !
Débarrassons-nous tout de suite des chiffres : la Roche décollée est un gratte-ciel de calcaire totalement isolé du Causse Méjean qui borde les Gorges de la Jonte, à mi-chemin entre les montagnes volantes d'Avatar et le Château dans le ciel de Miyazaki.
Une tour de calcaire de 120 m avec, en son sommet, une petite île déserte de caillou et de verdure, un petit coin de paradis en plein ciel pas plus grand que la planète imaginaire du Petit Prince...
La première fois que j'ai vu ce pilier, il y a près de 20 ans, j'ai tout de suite voulu y grimper, puis y dormir et maintenant, afin de mieux m'en imprégner encore, je veux y vivre une petite tranche de vie, seul.
Alors voilà, après 4 heures d'escalade à charrier mes 25 kg de matos, maintenant commence le vrai voyage, intérieur et immobile, perché sur ma terrasse en plein ciel. Enfin, je me régale... Et bien pour être honnête, non !
Si je n'avais pas à cœur de mener à bien cette expérience jusqu'au bout, je redescendrai même illico afin de retrouver dès ce soir la réconfortante chaleur du foyer familial.
Vautour Au lieu de cela, je me prépare à passer ici deux jours sans livre, sans musique, sans écran et sans communiquer par téléphone...
Seules concessions à ce régime Spartiate, l'appareil photo et le bloc-note sur lequel je trompe le stress des premières heures en couchant mes sentiments sur le papier.
Après une première nuit sur mon île déserte, la sérénité du lieu m'emporte enfin. Loin du stress et de l'adrénaline des premiers instants, je jouis enfin de l'immense privilège d'être seul ici, perché en plein ciel avec les vautours-fauves comme seule réelle compagnie.
Au programme pour aujourd’hui : Rien à faire !
Aucun projet pour la journée à venir ! Rien d'autre que d'admirer la nature, d'essayer de vivre à son rythme. Pas de tâche à réaliser ou à planifier, pas d'ordinateur à allumer, personne à retrouver ou à appeler, pas même de toilette à faire - avec 1 litre d'eau pour la journée, il y a des priorités...
Tente Nulle part même où aller, à 20 mètres dans toutes les directions, c'est le vide...
C'est à ce régime que se révèle lentement, au fil des heures de contemplation -et d'ennui aussi, il faut bien l'avouer- une ficelle oubliée de nos existences : le simple bonheur d'être en vie, d'aimer et de se savoir aimé...
Ainsi, cette journée se passe d'une étrange façon : À des périodes de frénésie où je m'amuse à suivre les vautours ou à prendre des clichés insolites succèdent des moments de pur ennui où je lutte pour ne pas tout plier et redescendre dans l'heure.
Malgré moi, je cherche des humains sur le belvédère où passe le GR, sur les voies d'escalade désespérément vides et, comble de l'ironie, je me surprends à scruter la route en contrebas à la recherche d'un improbable véhicule, mais rien !
Je passe donc la journée dans une solitude absolue.
C'est pourtant bien ce que je suis venu chercher ici mais ce royaume a décidément parfois des petits airs de prison...
La nature humaine est décidément bien imprévisible : au matin du troisième jour en solitaire, c'est presque à conter-cœur que je plie enfin la tente et rassemble mes affaires pour entamer la descente...
Maman et toi m'avez manqué plus que je ne l'aurais imaginé.


19 mars 2015
seul à vélo
À force de voir tes petits camarades sortir de l'école et traverser seuls la rue pour rentrer chez eux, fiers comme Artaban, il fallait bien que ça arrive...
À ton tour, tu veux ressentir le frisson de l'autonomie en faisant le trajet de l'école à la maison sans suivre ma roue.
Aussi, depuis plusieurs semaines, quand nous ne sommes pas trop aiguillonnés par le chrono, je te laisse passer devant en redoublant de vigilance afin d'anticiper tes erreurs :
Reconnaître les priorités, anticiper les changements de feu, toujours regarder derrière et prévenir lorsqu'on change de file... je dois bien admettre que tu sembles au point.
On fait alors l'inventaire des quelques points critiques entre l'école et la maison : la traversée des rails du tram, les croisements délicats; et, avec l'impression étrange de faire une grosse connerie, je te donne le feu vert (...) pour l'opération "Retour solo" !
En sortant de chez le médecin ce jeudi, la décision est prise, je te donne les clés de la maison et tu rentres devant. Moi, j'attendrai cinq minutes avant d'enfourcher à mon tour le vélo, promis !
Je t'observe donc partir, confiant, attendre zélé que le petit bonhomme soit vert pour traverser le passage piéton puis disparaître de ma vue.
Bon, ça y est, je peux y aller. Je démarre en vérifiant l'heure et m'arrête aussitôt : Ça ne fait qu'une minute !
Rarement le temps est passé si lentement pour moi. Je trépigne mais ne veux pas rompre le contrat.
À l'heure dite, je file comme une balle en grillant, pour le coup, toutes les priorités... Ce serait bien le comble si c'était moi qui n'arrivait pas à destination...
Au moment de tourner dans notre rue, je ne peux retenir une grosse angoisse : et s'il n'était pas à la maison ? Qu'est-ce que je vais faire ? Où aller ? Qu'est-ce que je vais dire à maman ?
Mais heureusement, tu mets vite un terme à mes angoissantes pensées quand j'aperçois ton chasuble jaune s'agiter devant le portillon de la maison.
J'avais tout envisagé sauf que la porte te résiste...
On va encore travailler un peu sur l'autonomie, fils...



10 février 2015
Il y a trois ans, je découvrais les splendeurs de la Scandinavie en hiver, emportant avec moi ta frimousse en bagage accompagné.
C'était alors ma première expérience hivernale sous ces latitudes et la première fois aussi que je te quittais pour une longue semaine d'aventures entre amis.
Depuis, j'arrive mieux à conjuguer ma vie de papa-poule et mon appétence pour la nature, le sport, les voyages.
Mais aujourd'hui, c'est bien en famille que l'on retourne dans ces lieux magiques pour une randonnée à ski d'une centaine de kilomètres !
À travers ton regard, celui de maman et de nos amis, je revis l'émotion de nous poser sur une piste totalement enneigée, la surprise des premiers instants avec l'étoile polaire étrangement haute dans le ciel et ces journées qui se partagent en une longue aurore suivie d'un crépuscule interminable.
Pour l'occasion, je me trimbale chaque jour un sac d'une dizaine de kilos avec, outre mon matos personnel, des vêtements de rechange pour toi, une chaufferette chimique, des peaux de phoque, une ceinture de baudrier avec 10 mètres de cordelette, autant d'accessoires qui ne serviront bien sûr jamais car à ma grande surprise, tu te révèles dune endurance insoupçonnée en assurant même des étapes de 25 km.
Ainsi, cette semaine de rando à ski prend un goût délicieux et laisse aussi présager pour l'avenir des voyages en famille bien sympathiques...


10 janvier 2015
Charlie On cherche souvent à reproduire les conditions de son enfance.
À ce titre, je regrette parfois de na pas avoir pu te donner un petit frère ou une petite sœur comme nous l'avions souhaité.
Mais lorsque, comme en ce moment, la folie des Hommes se manifeste aussi brutalement, j'en arrive presque à me satisfaire de ne pas avoir livré davantage d'âmes à ce monde de barjes.
Et si je désespère aussi à l'idée qu'il te faudra un jour affronter tout cela tout seul, tu sembles prendre les évènements avec davantage de sérénité, comme si l'équilibre de notre foyer suffisait à te protéger de toutes les atteintes. J'aimerais tant que tu aies raison...

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